{"id":13179,"date":"2023-03-10T07:53:53","date_gmt":"2023-03-10T07:53:53","guid":{"rendered":"https:\/\/onhee.com\/?p=13179"},"modified":"2023-03-10T07:53:53","modified_gmt":"2023-03-10T07:53:53","slug":"the-son-le-realisateur-de-the-father-revient-avec-un-drame-familial-porte-par-hugh-jackman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/onhee.com\/?p=13179","title":{"rendered":"The Son : le r\u00e9alisateur de The Father revient avec un drame familial port\u00e9 par Hugh Jackman"},"content":{"rendered":"<p>Oscaris\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 &quot;The Father&quot;, Florian Zeller adapte une autre de ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre sur grand \u00e9cran. Et il nous pr\u00e9sente le drame &quot;The Son&quot;, port\u00e9 par Hugh Jackman et Laura Dern.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Un coup d&#8217;essai aux allures de coup de ma\u00eetre. Pour sa premi\u00e8re r\u00e9alisation, Florian Zeller avait adapt\u00e9 avec brio sa propre pi\u00e8ce, The Father, et d\u00e9croch\u00e9 un Oscar du Meilleur Sc\u00e9nario Adapt\u00e9 pendant qu&#8217;Anthony Hopkins s&#8217;offrait la deuxi\u00e8me statuette dor\u00e9e de sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Click Here: <a href='https:\/\/www.tekesports.com\/atlanta-falcons-jersey' title='Atlanta Falcons Jersey'>Atlanta Falcons Jersey<\/a><\/p>\n<p class=\"bo-p\">Deux ans plus tard, il passe la seconde avec The Son. Une autre de ses pi\u00e8ces, \u00e9galement centr\u00e9e sur une histoire de famille et de maladie, dont le titre fait \u00e9cho \u00e0 celui de The Father. Florian Zeller a-t-il voulu jouer la carte du changement dans la continuit\u00e9 avec ce drame dans lequel les personnages jou\u00e9s par Hugh Jackman et Laura Dern doivent faire face \u00e0 la d\u00e9pression de leur fils (Zen McGrath) ? R\u00e9ponses passionnantes avec le principal int\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p>The Son<\/p>\n<p>Sortie :<\/p>\n<p>1 mars 2023<\/p>\n<p>|<br \/>\n2h 03min<\/p>\n<p>De<br \/>\nFlorian Zeller<\/p>\n<p>Avec<br \/>\nHugh Jackman,<br \/>\n Laura Dern,<br \/>\nVanessa Kirby<\/p>\n<p> Presse<br \/>\n3,2<\/p>\n<p> Spectateurs<br \/>\n3,9<\/p>\n<p>S\u00e9ances (747)<\/p>\n<p class=\"bo-p\">AlloCin\u00e9 : Qu&#8217;est-ce qui vous a conduit \u00e0 faire de cette pi\u00e8ce votre second film en tant que r\u00e9alisateur ?<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Florian Zeller : Avant m\u00eame de faire The Father, je savais d\u00e9j\u00e0 que si j&#8217;avais l&#8217;opportunit\u00e9 de faire un autre film apr\u00e8s &#8211; ce qui n&#8217;est jamais garanti &#8211; ce serait The Son. Je le portais comme un d\u00e9sir tr\u00e8s profond, parce que c&#8217;est une histoire qui me tenait \u00e0 c\u0153ur et me tient toujours \u00e0 c\u0153ur, et que j&#8217;avais peut-\u00eatre besoin de raconter. Mais aussi parce que j&#8217;ai senti qu&#8217;elle avait besoin d&#8217;\u00eatre racont\u00e9e. Qu&#8217;il le fallait, car c&#8217;est une histoire dont on ne parle pas.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">C&#8217;est celle d&#8217;un p\u00e8re qui tente d&#8217;accompagner, d&#8217;aider et m\u00eame de sauver son fils de 17 ans qui traverse une d\u00e9pression. Il me semble que c&#8217;est un sujet qu&#8217;on s&#8217;applique \u00e0 ne pas regarder dans les yeux. Et c&#8217;est pour cette raison que je voulais tant faire ce film. C&#8217;\u00e9tait d&#8217;abord une pi\u00e8ce et, au moment o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e \u00e0 Paris avec Yvan Attal et Rod Paradot, j&#8217;avais \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par ce qui s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9 : quand elle se terminait, quelque chose d&#8217;autre commen\u00e7ait, de l&#8217;ordre de la conversation.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Les gens venaient beaucoup me voir pour me dire qu&#8217;ils savaient ce dont je parlais, car ils avaient un fr\u00e8re, un fils ou une tante dans la m\u00eame situation. J&#8217;ai senti presque physiquement \u00e0 quel point beaucoup de gens connaissent ces situations. Personne n&#8217;est \u00e9pargn\u00e9 par le fait d&#8217;avoir quelqu&#8217;un que l&#8217;on aime, autour de nous, qui traverse une crise de fragilit\u00e9 psychique. Je sentais aussi \u00e0 quel point il y avait de la honte, de la culpabilit\u00e9 et, parfois, beaucoup d&#8217;ignorance autour de ces sujets. Et c&#8217;est pour toutes ces raisons que j&#8217;ai voulu faire The Son.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Le fait qu&#8217;on en parle peu, comme vous dites, s&#8217;accorde bien avec l&#8217;un des aspects les plus int\u00e9ressants du film : ces sc\u00e8nes qui mettent en avant le c\u00f4t\u00e9 inexplicable du mal qui ronge le fils. C&#8217;est quelque chose de difficile \u00e0 faire au cin\u00e9ma, o\u00f9 le public veut des explications, mais \u00e7a peut \u00eatre l&#8217;une des raisons du fait que ce sujet est tabou.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Je pense que c&#8217;est un sujet tabou, car \u00e7a nous renvoie \u00e0 un myst\u00e8re vertigineux. C&#8217;est presqu&#8217;un trou noir la maladie mentale. Et m\u00eame ces mots, <i>&#8220;maladie mentale&#8221;<\/i>, c&#8217;est une expression que l&#8217;on sent probl\u00e9matique ou stigmatisante en fran\u00e7ais alors qu&#8217;il n&#8217;y a pas de jugement dedans. Parce qu&#8217;on aimerait toujours qu&#8217;il y ait une raison &#8211; un traumatisme ou une raison psychologique &#8211; qui justifie le fait d&#8217;\u00eatre en douleur. Autrement, c&#8217;est trop injuste.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Et pourtant, on conna\u00eet tous des gens qui, sur le papier, ont tout pour \u00eatre heureux et qui, pourtant, sont en difficult\u00e9. La singularit\u00e9 de la maladie ou fragilit\u00e9 mentale, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a pas toujours d&#8217;explication. Ou il y a une explication multiple. Parfois c&#8217;est biochimique, parfois purement chimique, transg\u00e9n\u00e9rationnel\u2026 Il y a tellement de plans qui s&#8217;additionnent qu&#8217;on ne peut pas la regarder en l&#8217;expliquant d&#8217;une fa\u00e7on simple.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">C&#8217;est la raison pour laquelle, dans ce film, j&#8217;ai tent\u00e9 de ne pas l&#8217;expliquer. Quitte \u00e0 cr\u00e9er de la frustration chez les personnages et aussi les spectateurs, car je voulais qu&#8217;ils soient dans cette position. De ne jamais la r\u00e9soudre. Au cin\u00e9ma, on est cens\u00e9s tout r\u00e9soudre dans le sc\u00e9nario. Mais l\u00e0, il y a quelque chose de volontairement non r\u00e9solu, qu&#8217;on ne parvient pas \u00e0 d\u00e9finir, car \u00e7a me semble \u00eatre la fa\u00e7on la plus honn\u00eate de regarder ce sujet. Car c&#8217;est ainsi que \u00e7a se pr\u00e9sente \u00e0 nous dans la vie. Comme un myst\u00e8re capable de d\u00e9vorer ou ab\u00eemer une famille.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">C&#8217;est une histoire que j&#8217;ai voulu raconter du point de vue des parents. De ceux qui veulent aider, qui sont des parents aimants et attentifs mais qui, pourtant, n&#8217;ont pas les cl\u00e9s pour ouvrir les bonnes portes. Et ne savent pas comment aider cet enfant en difficult\u00e9.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Est-ce aussi la raison qui vous a encourag\u00e9 \u00e0 encha\u00eener &#8220;The Father&#8221; avec &#8220;The Son&#8221; : continuer d&#8217;explorer des th\u00e8mes tels que la famille ou la maladie en \u00e9largissant le cadre et changeant de point de vue, plut\u00f4t que de faire quelque chose de diam\u00e9tralement oppos\u00e9 ?<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Il y a des territoires familiers entre The Son et The Father. Pourtant, j&#8217;ai abord\u00e9 celui-ci d&#8217;une fa\u00e7on compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Chaque histoire exige une trajectoire diff\u00e9rente : dans The Father, il s&#8217;agissait d&#8217;\u00eatre presque dans le cerveau du personnage principal et j&#8217;esp\u00e9rais mettre le spectateur dans cette position singuli\u00e8re, o\u00f9 l&#8217;on ressentait ce que cela pouvait vouloir dire que de perdre tous ses propres rep\u00e8res. Comme si c&#8217;\u00e9tait une exp\u00e9rience subjective et immersive. Comme si nous avions nous-m\u00eames l&#8217;exp\u00e9rience de la d\u00e9mence s\u00e9nile.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">A l&#8217;inverse, dans The Son &#8211; et m\u00eame si c&#8217;est le titre du film &#8211; il ne s&#8217;agissait pas de tenter de rentrer dans ce cerveau en souffrance. Mais, au contraire, de se tenir \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, sur le seuil. Et de ne pas parvenir \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer cette \u00e2me. De ne pas r\u00e9ussir \u00e0 la comprendre. Pour \u00eatre dans une position qui est celle des parents, ce qui a une implication sur la forme du film, qui est tr\u00e8s lin\u00e9aire, tr\u00e8s direct.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">La plupart des choses que j&#8217;ai \u00e9crites sont construites comme des labyrinthes, et j&#8217;imagine que c&#8217;est la fa\u00e7on dont je pense. L\u00e0 j&#8217;ai tent\u00e9 d&#8217;\u00eatre le plus lin\u00e9aire possible. Le plus simple possible. Et m\u00eame, en termes de mise en sc\u00e8ne, d&#8217;\u00eatre le plus sobre possible. Car \u00e7a me semblait \u00eatre la fa\u00e7on la plus honn\u00eate de regarder ce sujet, de ne pas en faire quelque chose d&#8217;esth\u00e9tis\u00e9, de ne pas d\u00e9tourner le regard du vrai sujet que je voulais aborder : ce trou noir qui ne donne pas de r\u00e9ponse. Non pas pour seulement dire qu&#8217;il n&#8217;y a pas de r\u00e9ponse, mais pour accentuer ce sentiment de tragique.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">La trag\u00e9die est quelque chose qui a une forme lin\u00e9aire : \u00e7a va d&#8217;un point \u00e0 un autre de fa\u00e7on directe. On pressent ce vers quoi \u00e7a va aller, et on ne peut rien faire pour l&#8217;en emp\u00eacher. C&#8217;est ainsi que toutes les trag\u00e9dies, m\u00eame antiques, sont construites : d\u00e8s le d\u00e9but, les personnages sont inform\u00e9s de leur destin. Et ils ont beau se battre de toutes leurs forces pour tenter de le changer, ils ne l&#8217;accomplissent que plus certainement en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Je voulais cr\u00e9er ce sentiment, y compris chez les spectateurs. D&#8217;embl\u00e9e, quelque chose nous informe de l&#8217;endroit vers lequel on va. Mais malgr\u00e9 nos efforts, et ceux des personnages, rien ne d\u00e9joue ce pressentiment. Et la raison pour laquelle j&#8217;ai choisi cette forme, c&#8217;est parce que je pense que la trag\u00e9die est \u00e9vitable, et c&#8217;est tout le sens de ce film pour moi.<br \/>\nspoiler:<br \/>\nIl aurait pu finir diff\u00e9remment, si les bons mots avaient \u00e9t\u00e9 employ\u00e9s, si les bonnes conversations avaient \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es et l&#8217;aide n\u00e9cessaire sollicit\u00e9e au bon moment.<\/p>\n<p class=\"bo-p\">Il est tr\u00e8s difficile pour des parents d&#8217;accepter de ne pas \u00eatre \u00e9quip\u00e9s pour g\u00e9rer une crise de souffrance, surtout quand il s&#8217;agit de ses propres enfants. C&#8217;est tellement difficile d&#8217;accepter de ne pas \u00eatre la personne qui peut aider, ou de comprendre que l&#8217;amour, parfois, ne suffit pas. \u00c7a prend du temps, mais on ne dispose parfois pas de ce temps, et c&#8217;est l\u00e0 que la trag\u00e9die peut arriver.<\/p>\n<p class=\"bo-p\"><i>Propos recueillis par Maximilien Pierrette \u00e0 Paris le 21 f\u00e9vrier 2023<\/i><\/p>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oscaris\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 &quot;The Father&quot;, Florian Zeller adapte une autre de ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre sur grand \u00e9cran. Et il nous pr\u00e9sente le drame &quot;The Son&quot;, port\u00e9 par Hugh Jackman et Laura Dern. Un coup d&#8217;essai aux allures de coup de ma\u00eetre. 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