Coupe menstruelle et syndrome du choc toxique : manque d’informations de la part des marques

À l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle ce jeudi 28 mai, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est intéressée dans une enquête aux coupes menstruelles. Après l’étude de 19 marques, l’organisme dénonce un manque de clarté et d’informations de la part des fabricants concernant le temps de port maximal et le risque de syndrome de choc toxique.

Sommaire

  1. Manque voire erreur dans les informations communiquées
  2. L’enquête a porté ses fruits 

Le 28 mai marque la journée mondiale de

l’hygiène menstruelle. L’occasion pour la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de publier son enquête sur les produits d’hygiène menstruelle. Cette année, l’organisme a décidé de se concentrer sur

les coupes menstruelles et la prévention du risque de choc toxique. Car, comme

les tampons ou toutes protections menstruelles intravaginales gardées trop longtemps, les coupes menstruelles peuvent être responsables du

syndrome de choc toxique. Qu’est-ce que le syndrome de choc toxique ?Cette maladie aiguë est liée à la présence de la bactérie Staphylococcus aureus ou

staphylocoque doré dans le microbiote vaginal. Cette bactérie est naturellement présente dans le corps chez 30 à 40% de la population. Elle devient dangereuse si elle produit une toxine appelée TSST-1 (environ 1% des femmes). Ce phénomène survient quand la femme a ses règles et a gardé une protection hygiène interne trop longtemps.La maladie se caractérise par une forte fièvre, des manifestations cutanées, une hypotension, des vomissements, une diarrhée et conduit potentiellement à une

insuffisance organique multisystémique (état dans lequel un ou plusieurs organes se détériorent rapidement).Pour son enquête, la DGCCRF a étudié 26 marques qui commercialisent ces produits. “Si les coupes menstruelles ne relèvent d’aucune réglementation spécifique, elles sont soumises aux dispositions du code de la consommation, en particulier l’obligation générale de sécurité, explique l’organisme dans un communiqué1. À cet égard, les fabricants doivent donc apporter une information claire et lisible aux utilisatrices pour leur permettre d’utiliser leurs coupes menstruelles en toute sécurité. Pour cela, les recommandations publiées par l’Anses forment une base indispensable aux éléments à porter à leur connaissance.”Manque voire erreur dans les informations communiquées

Les auteurs de l’enquête ont vérifié “la clarté et la visibilité des avertissements concernant le risque de choc toxique et les précautions d’utilisation à prendre pour l’éviter sur les étiquetages et les notices” sur 19 produits et se sont appuyés sur les recommandations de l’Anses. Des analyses physico-chimiques ont également été réalisées sur 9 échantillons de produits par le service commun des laboratoires (SCL) pour “vérifier l’absence de libération de substances chimiques préoccupantes, telles que les phtalates et autres plastifiants”. Rappel des recommandations de l’ANSESLes informations suivantes doivent figurer sur les emballages ou sur les notices des protections internes (tampons et coupes menstruelles) :

  • Renseignements sur le syndrome de choc toxique et les symptômes qui doivent amener à consulter rapidement un médecin ;
  • Indications sur les mesures d’hygiène appropriées (lavage des mains, de la coupe, etc.) ;
  • Temps de port maximal de la coupe (6 à 8 heures) et le fait que la coupe doit être portée uniquement pendant les règles et vidée régulièrement (toutes les 4 à 6h) ;
  • Avertissement sur le fait que les femmes ayant déjà eu un syndrome de choc toxique ne doivent pas utiliser de protection intime interne ;
  • Recommandation d’utiliser la nuit une protection externe, afin de diminuer le risque de développer un syndrome de choc toxique.

Aucune non-conformité n’a été mise en évidence concernant la composition des coupes”, assure l’agence, mais “l’information des utilisatrices est disparate d’une marque à l’autre et est rarement conforme à l’intégralité des recommandations préconisées”. Ainsi, le temps de port indiqué sur les paquets de coupe menstruelles étudiés “varie beaucoup” : de 4 à 12 heures alors que l’Anses recommande un temps de port maximal de 6 à 8 heures et un changement toutes les 4 à 6 heures. De plus, “l’utilisation de nuit est presque toujours indiquée comme possible, voire recommandée” contrairement aux recommandations de l’Anses. Près de la moitié des produits contrôlés indique qu’il est possible de porter des coupes menstruelles pendant une durée supérieure à 10h ou ne donnent pas de limites.Si certains produits communiquent sur le risque de choc toxique, “d’autres en revanche nient ce risque et affirment que les coupes sont sans danger et n’ont jamais été associées à ce risque”. C’est le cas d’un tiers des marques analysées qui ne donnent aucune information sur le risque de choc toxique. L’enquête a porté ses fruits L’enquête a cependant permis des avancées, se félicite la DGCCRF. “Les informations pédagogiques apportées par les enquêteurs pendant les contrôles ont rapidement porté leurs fruits : des notices et des emballages ont été modifiés, parfois avant même qu’un avertissement n’ait été envoyé aux professionnels.” Elle ajoute : “le programme de contrôle de la DGCCRF a ainsi conduit à une prise de conscience des entreprises commercialisant des coupes menstruelles sur l’importance de donner une information claire et complète aux utilisatrices.”Click Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks